Accueil

La rivière une poubelle

Version imprimableVersion imprimable

Ces gros déchets qui défigurent la rivière

 

Avec Épidor, Guy Pustelnik lance une brochure pour rappeler aux utilisateurs de la rivière les règles environnementales de base.

 

On pourrait penser ces usages d'un autre âge, balayés par une prise de conscience et un travail de fond ses dernières vertes années. Mais même à coups de Grenelle de l'environnement et de documentaires comme « Une vérité qui dérange » d'Al Gore, la guerre des déchets ne semble pas gagnée en bord de Dordogne. Guy Pustelnik, directeur d'Épidor (1), en a fait l'amer constat en cette fin de saison estivale, lors d'une de ses régulières incursions sur le terrain.

 

« Pique-niquer, c'est bien. Faire des barbecues, c'est bien. Profiter des belles plages, c'est génial. Mais il faut arrêter ces incivilités permanentes ! Tout le monde benne tout. Le réflexe sac poubelle n'existe plus », s'insurge-t-il après avoir débusqué un tas d'immondices sur une plage près de Vitrac (photo ci-dessous). Canettes, bouteilles et autres sacs plastiques ont été soigneusement regroupés sous un tronc.

 

Espace de respect

Si cela donne une photo parlante, il y a aussi moins spectaculaire, plus discret et sournois, mais tout aussi dramatique avec des bouteilles de verre cassées sur les galets, des bouteilles plastiques dérivantes, des sacs baladeurs, des déjections garnies dans les taillis...

 

Et le phénomène s'amplifie à écouter Guy Pustelnik. « Les gens s'approprient le milieu. Plus les gens viennent, plus on augmente le risque de voir ce genre d'incivilités se propager. Nous avons soi-disant une des plus belles rivières. Les gens viennent parce que c'est beau. Mais s'il y a des tessons partout, cela ne peut pas être compatible avec le développement touristique qui prend appui sur la baignade. » Le directeur prône la « baignadeattitude », un code éthique, une certaine écocitoyenneté aquatique.

 

« Si nous voulons revendiquer un espace de liberté, il faut aussi le considérer comme un espace de respect et arrêter de le considérer comme une poubelle. »

Mais comment agir ? Faut-il faire barrage aux incivilités avec des sanctions, faut-il travailler à la source avec de la sensibilisation, faut-il endiguer le phénomène en mettant en place des poubelles et des containers ou faut-il lâcher du leste en laissant faire et en nettoyant régulièrement à l'image des plages littorales ?

 

Interdire les imbécillités

Guy Pustelnik n'a pas la solution miracle mais donne des pistes en mettant tout le monde au pied de la cascade. « Nous sommes à l'aube d'une directive baignade européenne qui va imposer de sécuriser les activités baignades. Il faudra faire demain un bilan. Nous avons deux ans pour le faire. Il est urgent de se poser la question comment fait-on ? C'est le combat de tout le monde car tout le monde y a intérêt : communes, loueurs de canoës, services de l'État. Doit-on trouver des lieux pour des poubelles et des containers ? Chaque loueur de canoës doit-il donner un sac poubelle et s'engager à le récupérer avec une caution d'un euro ? Les communes doivent-elles nettoyer les plages de temps en temps ? Il va vraiment falloir que des relais se développent dans les mairies, campings et bases de canoës. Ou alors que des brigades rivières éduquent, voir sanctionnent. Il ne faut pas interdire l'usage de la Dordogne, mais interdire les imbécillités. »

 

(1) Épidor est l'Établissement public territorial du bassin de la Dordogne regroupant six départements. Basé à Castelnaud-la-Chapelle, il vise à préserver la qualité des rivières du bassin de la Dordogne et à promouvoir une gestion équilibrée des usages de la rivière.